18/11/2005
blog carnet expression

Je me suis toujours senti bien du côté de la rue

Serge est militant d’ATD Quart Monde Ă  Rennes et au Mouvement de la Paix. Il avait envoyĂ© ce texte Ă  quelques amis, en espĂ©rant des rĂ©actions. Il a acceptĂ© que nous le publiions sur ce site. Merci Serge ! Nous espĂ©rons que, prochainement, tu en publieras toi-mĂŞme d’autres !

Je me suis toujours senti bien du cĂ´tĂ© de la rue, j’aime les chiens sans colliers, les loups, leur dĂ©sespoir est le mien et je me reconnais en eux, c’est lĂ  ma vraie famille, celle des incompris, des laissĂ©s pour conte, ceux que l’on rejette, que l’on massacre, que l’on torture, que l’on tue, partout!

J’aime les ruisseaux, leur chant et leur reflet d’argent dans le soleil, l’oiseau qui chante, la fleur qui s’offre de son parfum dans de multitudes couleurs, j’aime le vent, la mer, la pluie et le soleil.
J’aime l’autre, surtout celui que l’on n’a aime pas, son âme est plus belle, plus secrète Ă  dĂ©couvrir, mais tellement abondante en richesses, dĂ©nuĂ©e de superficiel, enfouie sous des tonnes de violence, sous le regard noir des passants, des gens que l’on dit « bien » parce que position sociale bien Ă©tablie, c’est d’ailleurs tout ce qu’ils ont de bien ! D’oĂą pauvretĂ© d’esprit, de cĹ“ur et d’ouverture!

Celui qui est au sol, qui fait la manche pour se payer l’alcool nĂ©cessaire Ă  l’oublie pour un temps, pour payer sa dose, la seringue dĂ©jĂ  usĂ©e et porteuse de mort, celui, presque dĂ©jĂ  mort, sa main tendue, que l’on ne voit pas, oĂą qu’on s’en fou, celui qui crève de peur sous les menaces mortelles de son dealer, la vieille tsigane, qui implore quelque sous, gens du voyage, qui passent tellement que personne ne voudrait les voir s’arrĂŞter, gens de misère, gens que l’on dit de rien, filles des rues, abĂ®mĂ©es par les coups, par la vie, par leur mec, et prises pour des putes, cependant que le client reste fort honorable !
Mec qui aime un mec, femme qui aime une femme, ma seule religion est l’Amour.
« Aimer », peut importe qui, mais « Aimer ». Ce sentiment me reste le plus beau, sa musique me chante dans le cĹ“ur, alors, pour un monde meilleur, oui, apprenons Ă  ” Aimer ” sans dĂ©tour, sans embarras, sans “ceux qui nous regardent", on s’en fou, ils nous envient peut-ĂŞtre, d’aimer si simplement, et peut-ĂŞtre aussi, s’y mettront-ils un jour, enfin, Ă  oublier la connerie, le « sur-moi », la valeur superficielle d’une pseudo position respectable.
Regarder la vie, partir sur les chemins, un baluchon sur l’Ă©paule, en sifflotant, la veste rapiĂ©cĂ©e, une main dans la poche, qui vous rappelle allures d’un poète d’avant.

PARTEZ ET AIMEZ

Serge Palaric

1 Commentaire !

  • En tant que militant au sein du Mouvement ATD Quart Monde, j’ai rejoins les blessĂ©s de la vie. Ces personnes m’enseignent comme d’autres personnes jouissant d’une position sociale plus aisĂ©e m’ont enseignĂ©. L’homme libre n’entretient pas de prĂ©jugĂ©s Ă  l’égard des hommes qui vivent diffĂ©remment de manière Ă  ne pas limiter son horizon. La pauvretĂ© d’esprit, de cĹ“ur et d’ouverture, est souvent liĂ©e Ă  la nĂ©gation de la diffĂ©rence. Ceci quelqu’en soient les formes. L’amour devrait ĂŞtre maĂ®tre mot de tout individu.

    par Christian le 31/1/2006 à 4:35


 

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