C’est beau la neige
Samedi, j’ai Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©, j’avais le bout de mon nez gelĂ©, les pieds engourdis. Quand j’ai ouvert les yeux un rideau blanc me cachait la vue, je me suis levĂ© car je devais trouver un centre ouvert pour pouvoir dormir ; je n’ai ni duvet ni couverture pour dormir Ă l’extĂ©rieur.
Je suis passĂ© au centre EmmaĂĽs, mais je n’avais pas d’invitation, ni de carte du centre donc il n’ont pas pu me laisser rentrer. Je me suis dit que j’allais passer au commissariat. Le premier que je trouve, il m’ont dit : comment tu peux te prĂ©senter au commissariat alors que tu n’as pas de papiers et m’ont laissĂ© repartir. J’ai pris un bus de nuit et comme j’Ă©tais fatiguĂ©, j’ai dormi dans le bus qui allait vers la banlieue jusqu’Ă Versailles. Le chauffeur ne m’a pas rĂ©veillĂ© et j’ai fait avec lui au moins trois allez et retour.
A huit heures du matin, j’ai commencĂ© Ă aller voir les bureaux pour le travail, mais j’Ă©tais tellement refroidi par ma nuit sous la neige que j’ai marchĂ© jusqu’Ă 10H00 pour atteindre le centre Pompidou oĂą j’ai pu rentrer Ă 11H00 pour me rĂ©chauffer jusqu’Ă 18h00. J’ai ensuite appellĂ© le 115 qui m’a dit d’aller Ă 22H30 place de la Nation pour attendre le bus qui va Ă Nanterre. Mais je fais comment pour le retour ? Je n’ai pas d’argent et il faudrait que je reparte vers 6H00 le matin ! et comme je n’ai pas d’argent, je ne peux pas prendre le transport, donc je suis obligĂ© de marcher de Nanterre Ă Paris, j’ai faim, je n’ai toujours pas mangĂ© depuis hier !

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Sans papiers, il est quasiment impossible d’accéder au travail et au logement. Les centres d’hébergement d’urgence sont engorgés et de la sorte, des portes normalement ouvertes aux plus nécessiteux restent fermées. En ce cas, quelques lieux publics sont alors capables d’offrir un peu de chaleur aux gens de la rue abandonnés à leur sort. D’ailleurs, comment rechercher sérieusement du travail quant il faut passer sa journée à rechercher un hébergement pour la nuit ? L’insécurité et l’errance conditionnent les comportements de l’homme de la rue. Eté comme hiver, certains y meurent seuls et sans bruit car oubliés de tous. Gary, la violence de la rue reflète l’échec de la société toute entière.
Je viens de dĂ©couvrir votre site, c’est une excellente idĂ©e. Vous nous faites connaĂ®tre des aspects de ce que vous faites, de votre vie et c’est important pour vous faire comprendre. Peu Ă peu des choses seront meilleurs parce que nous serons nombreux Ă vouloir que ça change.
A une prochaine fois, Janine
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