Ce carnet vous offre sur un écran une sorte de feuille de papier sur laquelle vous pouvez écrire, attacher une photo, un dessin. Il vous donne ainsi la possibilité de vous exprimer seul ou avec des amis pour faire connaître vos soucis, vos attentes, vos espoirs,… et pourquoi pas entamer un dialogue avec d’autres qui ont les mêmes préoccupations. Ce que vous avez transmis sera alors publié, affiché et accessible à tous sur Internet.
Avec ce carnet vous pouvez, chacun, exprimer vos pensées sur la vie, les événements, l’actualité près de chez vous ou dans le monde.
N’oubliez pas qu’une fois sur Internet votre message devient « public ». En public, tout n’est pas permis : il faut garder son intimité, respecter celle des autres, ne pas se livrer à des attaques personnelles, respecter la loi.
A vous de choisir les sujets à aborder: On peut parler d’un événement, d’une situation rencontrée, donner son opinion sur tel ou tel sujet. En prenant le temps de taper le titre, le sujet de votre message vous faciliterez la compréhension de ce que vous voulez dire.
Votre message peut avoir plusieurs lignes, ou même remplir un quart, une moitié d’une page. A vous de décider. Vous pourrez par la suite revenir en arrière, le corriger, et même le supprimer. N’ayez pas peur de mal écrire certains mots, l’équipe responsable de l’édition du carnet relira votre texte.
Vous pouvez vouloir finir votre message en ajoutant vos initiales, et même votre nom si vous le désirez cela permettra de rendre le message plus vivant, mais vous pouvez aussi ne pas vouloir le signer, rester anonyme.
Pour qui et pourquoi ce carnet ?
Ce carnet est destiné d’abord à ceux qui encore aujourd’hui ont le moins accès à ce mode d’expression écrite qu'est internet. Pour des personnes qui ont eu une vie difficile, les possibilités de publier, d’écrire pour être lus par d’autres étaient rare. Avec Internet, c’est plus facile et à moindre coût.
En écrivant dans le carnet vous contribuerez à élaborer une véritable œuvre collective, faite de regards croisés, d’expériences, de pensées, de vision différentes.
En vous ouvrant ce « carnet-expression », nous ne faisons que poursuivre une longue tradition de donner la parole à de personnes qui connaissent ou ont connu la grande pauvreté et d’engager le dialogue avec d’autres.
Entrer dans une histoire
A la veille de la Révolution Française, alors que se réunissaient les trois ordres (noblesse, clergé, tiers état), des voix se sont élevées pour plus de démocratie : une partie de la population n’avait pas été invitée, les “ pauvres journaliers, infirmes, indigents,… ”. Le 25 avril 1789 paraissaient les Cahiers du Quatrième Ordre, publié par Dufourny de Villiers qui avait lui-même recueilli des doléances à transmettre à l’Assemblée.
Bien plus tard, le Mouvement ATD Quart Monde (dont le nom est en partie issu d’une référence à ces cahiers) reprenait cette démarche.
En mai – juin 1968, dans des bidonvilles et des cités, des personnes, familles vivant dans la misère rédigeaient des Cahiers de Doléances, publiés sous le titre “ Un peuple parle ”.
En 1977, une démarche semblable s’intitule les Cahiers de la Solidarité. Là, il s’agit non plus de collecter des doléances, mais de faire connaître les gestes, les actes de solidarité posés par des personnes, des familles en grande difficulté. Des extraits de ces cahiers illustrent une publication de 1978, “ Quand l’histoire se rétablit ”.
En 1982, la même population dénonce collectivement les injustices qu’elle subit quotidiennement. Un petit groupe de travail, sous la direction de Lucien Duquesne, reprend ces écrits et les raconte dans “ Que l’injustice s’arrête ”.
D’autres associations, des personnes et des groupes ont aussi suivi ce chemin d’expression de personnes qui ont connu ou vivent encore des situations de très grandes difficultés, en France, aux Etats-Unis, au Canada,… Quelques uns sont cités sur le site du projet « Internet de rue ». Nous espérons que des échanges s’établiront.
Bonne écriture et bonne lecture à tous !
Jean-Pierre Pinet et Bruno Oudet
Responsables du projet
“ Internet de rue ”




je poste










